Je suis…ce dont je me défends

Complotisme, stigmatisation de la communauté musulmane, recherches auto-culpabilisante des causes de la violence dans la misère moderne des cités, amalgames racistes divers sous fond de refus de la « barbarie », lectures simplistes et orientées de l’histoire moderne, mises en garde contre les détournements politiques à des sécuritaires, proclamations de la guerre civile à venir et de la guerre de civilisation en cours… après quelques jours « d’union nationale » face à l’intolérable, nous avons retrouvé de toute évidence les cacophonies familières du vaisseau France.

A présent que l’unité d’un « Je suis Charlie » de 3,7 millions de citoyens s’efface en fondu enchaîné, les expressions singulières se multiplient en effet dans la plus grande confusion sur les réseaux sociaux, dans les médias et au cœur des discussions privées. A l’émotion indiscutable de ce moment d’histoire où « la France – centre du monde – a dit Non » se substituent à présent des réactions bien plus diverses. Au risque de déplaire aux plus optimistes d’entre nous, c’est peut-être maintenant que la marche citoyenne commence vraiment.